Emission du 8 juillet 2019

L’émission du 8 juillet enfin dans tes oreilles ! Et on commence avec une musicale de la bonne humeur :

On espère que tu as profité de la musicale pour te détendre, parce que la suite du programme, ben… c’est pas que joyeux…

Chronique : du viandard au végétarisme suivie de la lecture d’un extrait de la brochure Nous ne mangeons pas de viande pour ne pas tuer d’animaux

Chronique : Il y a un an Aboubacar Fofana était tué par un CRS lors d’un contrôle

Récit de l’occupation et de l’expulsion du square Daviais le 3 juillet 2019 à Nantes

News : Fichage des exilé·e·s, lois racistes, répression des ONG et bombardement d’un camp de migrant·e·s en Lybie

Lecture : Lakhdar Bey tué par la police à Chambéry le 3 juillet 2019 lors de l’expulsion de son logement

Emission du 24 juin 2019 : La police attaque une free party à Nantes, des blessé·e·s et un disparu

Le soir de la fête de la musique à Nantes, les flics sont venus interrompre la free party du Quai Wilson sous le commandement du commissaire Chassaing, lui-même agissant sous la reponsabilité du commissaire Palermo et de la préfecture de Loire-Atlantique.

Coups de pieds, coups de matraque, Taser, LBD, lacrymos, grenades de désencerclement, chien lâché sur des gen·te·s… voilà comment Chassaing et celleux qu’il avait sous ses ordres ont décidé d’intervenir pour mettre fin à cette free party.

La panique créée par la violence de la charge, le fait d’être désorienté·e, de ne plus pouvoir respirer dans l’épais nuage de lacrymo, de ne plus rien voir, a fait qu’au moins 14 personnes sont tombées dans la Loire. Une partie d’entre elles a été secourue par les sauveteurs présents ce soir là, d’autres ont réussi à remonter par les échelles attachées au quai. Une personne, Steve, n’a plus donné de nouvelle à ses proches depuis la charge des flics. Ses proches lançaient donc un appel à témoins et demandaient à celles et ceux qui l’auraient vu depuis de les prévenir.

[Sources : lecture de l’article de Nantes Révoltée et Page facebook de l’avis de recherche publié par les proches de Steve]

On parle ensuite de Taoukik El-Amri, disparu le 22 novembre 2006 après avoir été contrôlé par la police. Aucune trace de ce contrôle n’avait été enregistré par les flics, qui ont nié l’avoir vu et ont menti sur l’endroit où ils auraient déposé Taoufik après son contrôle. Son corps avait été retrouvé dans l’Erdre le 26 décembre avec des traces d’ecchymoses sur les bras et sans eau dans les poumons. Finalement les flics avaient été condamnés en appel à 2  mois de prison avec surcis pour faux témoignage…


Edit : À l’heure où nous publions ce podcast (21 juillet), cela fait 1 mois que Steve a disparu. Personne n’a eu de ses nouvelles. Il ne substiste que peu de doutes sur ce qu’il s’est passé cette nuit là : Steve est lui aussi tombé à l’eau lors de cette charge et s’est noyé. Soutien à ses proches, aux personnes présentes ce soir là, à toutes celleux qui subissent les violences et le harcellement de la police et à leurs proches.

Mort d’Aboubakar Fofana : rencontre avec une habitante du Breil à Nantes

Le 3 juillet 2018, Aboubakar Fofana mourrait d’une balle dans le cou, tirée par un CRS lors d’un contrôle. Comme à chaque fois la thèse de la légitime défense est défendue par les flics et la personne tuée est criminalisée. Les médias s’empressent de relayer le récit policier : Aboubakar Fofana, un jeune recherché par la police pour des vols en réunion et conduisant un véhicule surveillé dans le cadre d’une enquête de stups a essayé de fuir lors d’un contrôle, n’hésitant pas à percuter un CRS et manquant de renverser deux enfants. La version policière est répétée quelques jours, alors même que les témoins du meurtre racontent tout à fait autre chose : personne ne se trouvait derrière la voiture quand Aboubakar a reculé.

Le 6 juillet, le CRS qui a tiré sur Aboubakar Fofana avoue avoir menti, et se met à parler d’un tir accidentel. Le soir même le procureur de Nantes, Pierre Sennès, décide de le poursuivre pour « coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Il est alors libéré et placé sous contrôle judiciaire.

Nous avons rencontré Noémie, habitante du quartier, qui nous parle de ce meurtre, du comportement de la police avec les jeunes dans le quartier, du racisme d’État… merci à elle et bonne écoute.